Un oiseau non sevré : pourquoi il ne faut jamais l’acheter
Acheter un oiseau non sevré est une pratique encore trop courante, que je combats depuis des années. Depuis plus de 10 ans que je partage ma passion pour les perruches et perroquets, je reçois chaque semaine des messages de personnes à la recherche de leur premier compagnon. Leur projet est sincère : offrir un foyer chaleureux, créer un lien fort, vivre une belle aventure humaine et animale.
Mais parfois, certaines situations me rappellent pourquoi je reste vigilant face à ces dérives.
Récemment, un lecteur m’a écrit après avoir trouvé une annonce pour un toui céleste “presque sevré”, vendu comme un compromis idéal pour créer de la complicité.
Cette histoire est un cas pratique concret, et elle illustre parfaitement pourquoi acheter un oiseau non sevré est une erreur grave.
Le contexte : une recherche sincère
Le lecteur cherchait une femelle toui céleste, une espèce parfaite pour la vie en appartement : discrète, affectueuse, peu bruyante. Son projet était réfléchi : cage aménagée, sorties quotidiennes prévues, vraie volonté de créer un lien.
Comme beaucoup de novices, il s’est heurté à une difficulté : trouver un éleveur fiable. L’espèce est rare, surtout en EAM (Élevé à la Main) ou MAN (Manipulé au Nid). Après plusieurs annonces sans réponse, il est tombé sur une éleveuse… et c’est là que les problèmes commencent.
La mise en confiance : un rituel bien huilé pour vendre un oiseau non sevré
L’éleveuse a passé plus d’une heure au téléphone avec lui.
- Elle a présenté son approche comme logique et rassurante.
- Elle a proposé de montrer des vidéos de nourrissage.
- Elle a expliqué ses techniques (seringue ou coton-tige).
- Elle a même prévu un “kit de départ” avec alimentation et accessoires.
- Enfin, elle a cité des adoptants satisfaits, vidéos à l’appui.
Tout était fait pour mettre en confiance. Et pour un novice, difficile de ne pas se laisser convaincre.
Mais derrière ce discours rassurant, un fait restait indiscutable : l’oisillon était encore nourri trois fois par jour. Donc, un toui céleste non sevré.
Quand mes propres oiseaux ont été utilisés pour tromper
Cette situation m’a aussi rappelé une autre dérive que j’ai vécue personnellement.
Un jour, je découvre que des éleveurs peu scrupuleux utilisaient les photos de mes propres oiseaux, sans autorisation, pour publier des annonces sur Le Bon Coin.
Voir mes photos utilisées de cette façon m’a profondément choqué. Pas seulement pour le vol d’image, mais surtout parce que cela servait à tromper des familles sincères et à mettre en danger des oisillons.
Cette expérience m’a renforcé dans ma conviction : le combat contre la vente d’oiseaux non sevrés est essentiel.
Qu’est-ce qu’un sevrage complet ??
Le sevrage, c’est le passage de la pâtée donnée à la main à une alimentation totalement autonome.
Un oiseau est sevré seulement lorsqu’il :
- mange seul,
- maintient un poids stable pendant 7 à 10 jours sans gavage,
- est capable de s’alimenter régulièrement sans aide.
Repères pour le toui céleste
- Envol : 4–5 semaines
- Sevrage complet : 6–8 semaines
- À 7 semaines, beaucoup sont déjà autonomes.
- Un oiseau encore à 3 repas/jour = non sevré.
Les risques d’un oiseau non sevré
Sanitaires
- Fausse route → mort en quelques secondes.
- Brûlures → si la pâtée est mal chauffée.
- Stase du jabot → infections.
- Carences → retard de croissance, fragilité.
Comportementaux
On fait croire que nourrir soi-même crée plus de complicité. En réalité, cela engendre souvent :
- hyper-dépendance,
- anxiété et cris,
- agressivité à l’âge adulte.
Humains
J’ai reçu trop de témoignages de personnes qui, malgré toute leur bonne volonté, ont vu leur oiseau mourir en quelques jours. Résultat : tristesse, culpabilité, perte financière.
Le prix : l’autre tromperie
Dans ce cas, l’oiseau non sevré était proposé à 160 €, plus un kit de départ (+20€).
Pour un toui céleste sevré, bagué et avec certificat, le prix moyen est autour de 100 € (un peu plus pour certaines mutations).
Vendre plus cher un oiseau fragile est une double injustice.
Ce que dit la loi
Le Code rural et de la protection animale en France est clair : un animal doit être apte à se nourrir seul au moment de sa cession.
Vendre un toui céleste non sevré est donc illégal, en plus d’être dangereux et trompeur. Tout cela sur un site d’annonces connu.
Ma position
Depuis plus de dix ans que je partage ma passion, je me bats contre ces pratiques :
- parce qu’elles nuisent aux oiseaux,
- parce qu’elles trompent les adoptants,
- parce qu’elles abîment l’image de notre passion commune.
Un éleveur sérieux attend toujours le sevrage complet avant de céder un oiseau. C’est une ligne rouge que je ne franchirai jamais.
Comment adopter un oiseau en toute sécurité ?
- Attendez un oiseau totalement sevré.
- Vérifiez la bague fermée et exigez un certificat de cession.
- Observez son comportement : un oiseau sevré est curieux, manipulable et non craintif.
- Demandez à voir l’oiseau manger seul avant adoption.
Conclusion
Cette histoire de toui céleste non sevré illustre un problème plus large : certains éleveurs savent rassurer avec un discours bien rodé, mais au final, ils mettent en danger l’oisillon et déçoivent les adoptants.
Acheter un oiseau non sevré, ce n’est pas créer de la complicité : c’est prendre un risque inutile, coûteux et souvent dramatique.
La patience, c’est la seule vraie garantie d’avoir un compagnon équilibré, en bonne santé et affectueux.
Pour moi, c’est une évidence : jamais d’oiseau non sevré.

